Semi d’Italia – Un même souffle pour relier deux terres

duo tina et leo semi valise

Semi d’Italia, Graines d’Italie est né au cœur du Baluchon, porté par Tina et Leo , fille et fils d’immigrants italiens installés en Belgique. Leurs récits mêlent français et italien et
tissent un pont entre deux terres.
Leurs chansons migrent d’une langue à l’autre comme les oiseaux entre deux saisons.

Là où tout à commencer

L’idée de Semi d’Italia est née d’une mémoire qui battait déjà en nous,
d’un long murmure d’exil et d’appartenance.
Le détonateur fut l’année 2021, quand la Belgique et l’Italie commémoraient le 75ᵉ anniversaire « des accords charbon »  signé en juin 1946.
Ce souvenir a rallumé le feu : nous avons ouvert notre album de famille,
rassemblé les éclats d’enfance,
les valises, les accents, les silences et les chansons. Ainsi est né Semi d’Italia, des graines de là-bas, poussés dans la terre d’ici.

« Quand j’ai les pieds ici, ma tête est là-bas. Quand j’ai ma tête là-bas, mes pieds sont ici. »

Un tissage de langues et de mémoires

De la Sicile, des collines des Abruzzes,
aux pavés de Liège,
Semi d’Italia tisse un pont entre deux terres. C’est un lieu
où la mémoire danse avec la musique,
où le français et l’italien s’enlacent, les dialectes se frôlent
comme des langues amoureuses.                                                                                                     

« Dans chaque parole, un battement d’âme vers la terre d’origine. »

Des histoires du Sud, d’hier et d’aujourd’hui

Nos histoires sont empreintes du vent du sud.
Elles portent des prénoms italiens,
des odeurs d’huile d’olive et de sel,
et la mémoire de celles et ceux
qui ont quitté una terra bella e amara
avec leurs  valises remplies d’espérance nouvelle et de courage silencieux.

Nos récits et nos chants parlent de l’Italie d’hier et d’aujourd’hui :
de villages perchés sur les collines, de gens du Sud simples mais
hauts en couleur — la nonna malicieuse, le pêcheur philosophe, le maître de farniente, les petits vieux têtus, le berger bienheureux  e tanti altri. Nos récits sont mitonnés comme une peperonata : doux, goûteux, pimentés juste ce qu’il faut pour être irrévérencieux avec humour, mais toujours profondément humains.

« Rire comme on sème, pour que le monde refleurisse. »

A l’affiche

Le Spectacle


Ils sont partis avec une valise trop petite pour contenir le soleil de leur pays.
Dans leurs poches, un morceau de pain enveloppé dans un mouchoir, une photographie, et, dans leur cœur, la nostalgie d’une mer lointaine et d’une terre belle mais amère. Ils disaient : « Nous reviendrons bientôt. »
Mais la vie, parfois, écrit des chemins plus longs et les racines, peu à peu, ont trouvé une autre terre.

Lire la suite

Dans les puits de charbon, ils ont laissé leur sueur, leur santé, leurs rêves, leur vie.
Mais dans leurs maisons, dans leurs  jardins, petits bouts d’Italie, ils ont semé des liens de nostalgie, des recettes, de la musique, des mots, des rires, des récits.
Aujourd’hui, leurs graines sont devenues des arbres de mémoire : des voix qui parlent deux langues, des cœurs qui battent entre deux terres.

Vieni, Vedi, Semi est un voyage à travers chants, récits et souvenirs d’enfants d’immigrés italiens.
C’est la célébration d’une communauté qui a apporté avec elle un bagage invisible mais plein de richesses : la dignité du travail, la force des racines, le métissage des liens.
Une invitation à écouter, à ressentir, à se laisser traverser par une mémoire qui respire.

Entrez dans le spectacle

Comment est née l’idée du spectacle ?

Entretien réalisé par Marie-Claire Desmet, Article paru in Mensuel de diffusion d’informations sur l’oralité sept 2023 N°369

L’idée tournait en nous depuis longtemps.  Le détonateur a été, en 2021, le 75ième anniversaire, de l’accord Homme contre du  Charbon signé en 1946  entre la Belgique et l’Italie.

L’Aquilone, lieu d’expression et d’actions socio-culturelles  à Liège, a programmé un mois complet d’activités sur ce thème.  Nous avions déjà abordé  le sujet  lors de soirées contées organisées  par notre troupe de conteurs de l’époque Tous Contes Fées. Mais en 2021, nous avons décidé d’ouvrir notre  propre album de famille, de rassembler les  moments forts  de notre histoire personnelle. Nous avons écrit chacun quelques tableaux de notre vie d’enfants  issus de l’immigration, pétris d’étonnements  et de moments sensibles  qui donnent à comprendre cette singularité qui est d’être d’ici et aussi d’ailleurs.

Mon père venait des Abruzzes, une région de collines entre la mer et la montagne, région de bergers et de moutons.   En 1951,  à 22 ans, il a signé un contrat comme mineur de fond. A son arrivée, il  vivait  dans un baraquement  à  Ans, près du charbonnage qui l’employait. En 1958,  il a voulu se marier.  Sa mère a cherché une femme au pays.  Il est revenu pour les  vacances,  a fait la connaissance de sa future.  Ils se sont fréquentés pendant trois jours, avec chaperon naturellement, ont courtisé par correspondance pendant six mois . La venue  de ma maman en Belgique, c’était son voyage de noces et sa nouvelle vie de femme.

Un choc.  Elle vivait au bord de la mer, ses parents tenaient  une petite auberge, sous le soleil, la montagne dans le dos.  Choc du temps gris, du froid, de la  noirceur.

 Ma mère  avait été  à l’école jusqu’à la 3ième primaire, ensuite   elle avait fréquenté l’école des Soeurs. Là, elle avait appris à réparer les filets de pêche, à tisser et  broder.  Elle était préparée à tenir une maison.

 Ma mère ne savait rien de la vie de femme, rien de la Belgique, rien de la vie d’un ouvrier mineur.  Le curé lui avait juste dit  avant son mariage  que son mari était un brave garçon mais qu’il avait déjà eu une vie d’homme.  Ma mère avait 23 ans, mon père 29.

Elle  est arrivée ,élégante ,  avec dans  ses  valises  son trousseau de linge de maison  brodé, tissé elle-même, tailleur et manteau chics  qu’elle avait  fait faire pour l’occasion.

Un jour, elle est allée chercher mon père au charbonnage.  Elle s’était préparée comme on va à un rendez-vous.  Elle avait mis son beau manteau  et  son béret bleu ciel. Quand  mon père sortant de la fosse s’est approché d’elle, tout noir, elle ne l’a pas reconnu.   Elle a pleuré.  N’a plus jamais mis son beau manteau.  J’ai hérité du béret, qui est un de mes trésors. D’ailleurs, j’en porte  toujours un  lorsque je conte Semi d’Italia.

Avant de se marier. Mon père envoyait quasi la totalité de son salaire à sa famille en Italie.  Il subvenait à leurs besoins, à la dot de ses deux sœurs.  Au moment de son mariage, il n’avait rien. Il a  tout acheté à crédit : chambre à coucher et meubles de cuisine.

 Je suis donc  issue de la deuxième génération, née à Montegnée, une commune longtemps  rythmée par les puits de mine qui y étaient exploités. J’ai vu le jour à la Clinique de l’Espérance, ancienne clinique bien connue de la région, fondée à l’origine  pour servir de dispensaire aux mineurs des charbonnages et aux cheminots. Espérance ! Le plus beau des souhaits  formulé par mes parents !

 Je suis allée à l’école primaire « belge » mais aussi à l’école italienne, le mercredi et le samedi après-midi. 

Mes souvenirs sont nourris par les conversations familiales.  A la maison, mes parents me parlaient en dialecte, je répondais en français.  A l’école italienne, j’apprenais une autre  langue , celle de Dante Alighieri, c’est dire que je ne la parlais pas avec mes parents.

En guise de leçons de vie, mes parents  m’abreuvaient d’anecdotes des gens de leurs villages, m’expliquaient  l’origine de  leur sobriquet. Je garde un souvenir ému de ces moments d’échange où les coups de butoir de la vie m’étaient expliqués avec humour et indulgence pour les erreurs humaines surtout celles des petites  gens. 

Elle a été prise dans la toute  première maison habitée par mes parents dans le quartier Sainte Marguerite de Liège. C’était le jour où mon père préparait  son  petit bout  de terre noire pour en  faire un jardin.

De   droite à gauche : mon oncle, mon parrain, mineurs eux  aussi, ma mère avec son tablier blanc, et moi, petite fille dans les bras de ma marraine.

En arrière fond, le charbonnage Bonne fin , rasé depuis longtemps. Drôle de nom  pour un charbonnage quand on sait quelle fin de vie est celle du mineur de fond….

Je suis né en Sicile, je suis venu en Belgique à  l’âge de 6 ans en 1956, avec ma mère et mes frères et sœurs. Nous étions 4 enfants , venus rejoindre mon père  qui  était en Belgique depuis 6 mois.

Le 13 décembre 1956, nous débarquons à la gare de Kinkempois, à Liège  Il neigeait.  Je découvre le tram.

Nous sommes restés un an à Liège, à six dans un logement de deux pièces, au quartier St Laurent avant de nous installer à Winterslag pendant 4 ans. Comme mes parents avaient toujours le projet de revenir au pays et que nous perdions notre langue maternelle (le sicilien ), nous sommes retournés en immersion pendant six mois en Sicile !!!

La famille habitait  à Lercara-Fridi, une ville de 18.000 habitants.  Première surprise,les Siciliens ont dit : « les Belges sont arrivés ».  Au Limbourg, c’était : « Retourne chez toi, sales macaronis. »

La Sicile de mes 6 ans, je l’ai redécouverte.  Les bergers, les attelages de chevaux, les crieurs de rue. Une vie tout à fait différente de celle du Limbourg.  La liberté totale.  Pas d’école.  Le  paradis !

Après 6 mois, mon père est venu nous chercher et la vie a repris son cours en Belgique.

Au Limbourg, il n’y avait que des charbonnages. L’obsession de mon père, comme de tous les Italiens mineurs, étaient que leurs enfants ne descendent jamais dans la mine.

Alors,  nous sommes revenus à Liège. Mon père en profite pour quitter la mine et travailler en usine.

En 61, la famille s’installe dans le quartier Sainte  Marguerite.

Au Limbourg, j’étais en  4ième primaire, à Liège on me met  en 2ième vu ma méconnaissance du  français.

Comme mes parents ne trouvaient pas de logement à un prix abordable, mon père  quitte l’usine et retourne au charbonnage, qui fournissait des maisons que nous pouvions nous payer.

Avec l’entrée dans le secondaire des enfants, le projet de retour au pays de mes parents  devenait de moins en moins réaliste.

Ils ont revendu leur maison en Sicile, ont   acheté  une  maison en Belgique. Nous étions en 1964.

 Notre famille a déménagé  8  fois  en 12 ans  à la recherche d’un logement décent !!!

Je suis retourné « chez nous » à vingt ans. 

Nous avons chacun réunis les moments forts  qui nous  rattachaient à l’Italie, qui  nous faisaient réfléchir à notre  identité singulière :  quand nous avons nos pieds ici, notre tête est là-bas, quand nous avons nos pieds là-bas, notre tête est ici.  Entre les deux le cœur balance mais il est  assez grand  pour accueillir ces deux univers  à la fois (rires).

Nos récits  sont des  moments de croisements culturels, de déchirements parfois, d’étonnements amusés sur notre singularité, le tout   mitonné  comme une peperonata qui se veut douce, goûteuse  avec la juste pointe de piment  pour être irrévérencieux avec humour.  

Sur scène, nous sommes trois. Sylvie Grandchamps , conteuse , nous accompagne à la guitare, partage notre  notre parole chantée  et  questionne.

Oui, tourner avec ce spectacle  partout où il y a eu une forte immigration italienne. C’est pourquoi, nous pensons le traduire en  italien et le présenter au Limbourg.

Une version  adaptée pour les écoles est en projet  pour supporter la thématique  des mouvements migratoires présent dans les programmes du secondaire.

Une note optimiste !

 Une double culture c’est une richesse  qui nourrit la curiosité, accueille avec  bienveillance les différences.

On ne peut rêver que si on a les pieds sur terre. Plus les racines sont profondes, plus les  branches sont porteuses ( J.Binoche, artiste)

tina.gentile @outlook.com

+32 476 68 00 73

Formules

Sur scène, en balade ou autour d’un café ristretto Semi d’Italia promène ses récits et chansons mitonnés comme une peperonade goûteuse avec la juste pointe de piment pour être irrévérentieux avec humour

Sur scène ou dans des lieux qui vous parlent

Vieni, Vedi ,Semi en français

Une forme intime où la mémoire rencontre le présent . Les voix s’entrelacent, parfois les mots dansent en italien ou chuchotent en dialecte. Les chansons portent les pas des départs et des retours. Un spectacle qui questionne la graine, la racine qui sommeille en nous.

Sul palco o in luoghi che ci parlano

Vieni,Vedi,Semi in italiano

Una forma intima in cui la memoria incontra il presente. Le voci si intrecciano, a volte le parole ballano in italiano o sussurano in dialetto. Le canzoni portano con sé i passi delle partenze e dei ritorni. Uno spettaclo che interroga il seme, la radice che dorme dentro di noi.

Semi d’Italia sous forme de balade dans des lieux qui inspirent

Les mots se tissent avec le vent, les arbres et la lumière du jour. Les récits se mêlent au parfum du pain chaud, ce bon pain blanc que venaient chercher les immigrés, celui qu’on partage encore aujourd’hui, mémoire et espoirs réunis. Chaque pas devient parole, chaque parole souffle et partage, pour marcher ensemble sur les chemins des départs et des retours

Caffè Ristretto

Cabaret à la carte italo-poetico-comico.
Chaque récit, chaque chanson est une parole populaire qui observe les petits et grands travers du monde.
Nomade et convivial, le Caffè Ristretto s’installe partout , là où il reste encore un peu de curiosité, de parole libre et de café chaud.
Et pourquoi pas chez vous ?

branche olivier1